« Étoiles sur Toiles »

Exposition « Étoiles sur Toiles », Espace Bouquières, Toulouse (Janvier 2001) :

Cette exposition de 44 toiles et dessins est la suite logique du « Bestiaire Stellaire » puisqu’elle parle de la moitié restante des constellations évoquant des personnages mythiques : dieux, déesses, rois, reines, princesses, héros (Persée, la Vierge, Cassiopée, Céphée, Hercule…) ou des objets inventés par l’homme (le Télescope, la Boussole, le Triangle…). Comme pour le bestiaire, chacune est illustrée par un quatrain.

 

Tes vibrations sont telles que j’arrive à sentir,
Ton parfum enivrant qui me fait défaillir;
Sans même t’effleurer cette odeur peut changer,
La couleur de ma vie parfois trop orangée
En saveur capiteuse d’un étrange élixir,
Porteur d’un nouveau sens qui va nous ébahir.
Explorons l’astre hâlé, mystère mordoré,
Et dans l’enfer présent d’argent édulcoré,
Ouvrons la porte verte au gemmes insolents
Et que le paradis renaisse pour mille ans.

Galerie de peintures

 

Les 44 quatrains d’Étoiles sur Toiles

Andromède : La princesse d’Ethiopie

Andromède enchaînée
Fut sauvée par Persée,
Leur amour couronné
Illustre le passé.

Antlia : La machine pneumatique

Dans l’hémisphère austral
D’étranges noms résonnent,
Honorant le mental
Beaucoup plus que le Faune.

Aquarius : Le verseau

Cet étonnant garçon
Appelé Ganymède,
De Zeus fut l’échanson
Et sa cruche un remède.

Ara : L’autel

Zeus combattit son père
Le maître des Titans,
Il fit longtemps la guerre
Et gagna en dix ans.

Auriga : Le cocher

L’ancien maître d’Athènes
Avait bel équipage,
Il dirigeait sans peine
Quatre chevaux en rage.

Bootes : Le bouvier

Arcas hantait les bois
Où il trouva sa mère,
Dans le temple des rois
Il rejoignit les sphères.

Caelum : Le burin

Munis d’outils tranchants
Servant à la gravure,
Les artistes d’antan
façonnaient la nature.

Carina : La carène

Argo le fier navire
Voguait en mer australe,
Convoyant un empire
Tout au fond de sa cale.

Cassiopée : La reine

Cassiopée se vanta
Des charmes de sa fille,
Puis elle regretta
De n’avoir de coquille.

Céphée : Le roi

Céphée le roi mythique
Descendait d’une nymphe,
D’une union fantastique
Par où l’humain triomphe.

Circinus : Le compas

Il esquisse les courbes,
Élabore les cercles,
Imagine les orbes
Et jamais ne les bâcle.

Coma Berenices : La chevelure de Bérénice

La belle Bérénice
Promit à Evergète,
D’honorer sa milice
En lui offrant ses couettes.

Corona Australis : La couronne Australe

Elle ceint l’auguste chef
De tous les souverains
Qui en de longues nefs
Devinrent suzerains.

Corona Borealis : La couronne boréale

La couronne d’Ariane
Lancée par Dyonisos,
Devint grâce aux arcanes
L’étoile de Naxos.

Crater : La coupe

La coupe d’Apollon
Apaise dans le ciel,
Les pires des frictions
Et les transforme en miel.

Crux : La croix du sud

Tout proche du Centaure
Il existe une croix,
Un petit sémaphore
Pour les cœurs aux abois.

Eridanus : Le fleuve Eridan

L’imprudent Phaéton
Guida l’astre solaire,
Mais changea les saisons
Ce qui fut téméraire.

Fornax : Le fourneau

Des anciens alchimistes
Il chauffait l’alambic,
Pour explorer la piste
D’étranges pronostics.

Gemini : Les gémeaux

Ces deux sphères jumelles
Forment un duo curieux,
Leur clarté immortelle
Rend les marins heureux.

Hercule : L’homme fort

Le mythique homme fort
Accomplit douze tâches;
Il défiait le sort
Et détestait les lâches.

Horlogium : L’horloge

Elle scande le temps
Sans donner de remède,
Au défilé des ans
Qui ne fait d’intermède.

Indus : L’indien

Ils aiment les symboles
Qui parlent de mirages,
Détestent les oboles,
Se battent avec courage.

Libra : La Balance

L’équinoxe d’automne
Murmure de longues odes,
Jours et soir monotones
Éloignent les heures chaudes.

Lyra : La lyre

Orphée le musicien
Partit avec Jason,
Son chant de magicien
Des sirènes eût raison.

Mensa : La montagne de la table

Dans un pays lointain
Il existe un récif,
Qui rend très anodin
Nos immenses massifs.

Microcopium : Le miscroscope

De grands explorateurs
Vont par le vaste monde,
Mais d’autres grands rêveurs
Ont d’étonnantes sondes.

Norma : La règle

Elle guide le crayon
Et rend les courbes droites,
C’est l’immense rayon
Que l’univers convoite.

Octans : L’octant

Bien avant le sextant
A bord des caravelles,
Il y eut un instrument
Que les musées rappellent.

Ophiuchus : Le  serpentaire

C’est le fils d’Apollon
A la peau serpentine,
Maître des guérisons
Dieu de la médecine.

Orion : Le chasseur

Vois le célèbre Orion
Héros du firmament,
Piqué par un scorpion,
Mort dramatiquement.

Persée : Le héros

Persée le grand héros
Epousa Andromède,
Musclé comme un taureau
Des cieux jamais n’eût l’aide.

Pictor : Le chevalet du peintre

Chevalets et palettes
Peintures et couleurs,
Lumières qu’on y jette
Pour mon plus grand bonheur.

Puppis : La poupe

C’est un tiers de la nef
Qui mena en voyage,
Jason le noble chef
D’un antique équipage.

Pyxis : La boussole

Elle indique le nord
De sa face aimanté,
Et guide vers le port
Les navire enchantés.

Reticulum : Le réticule

La symbolique croix
Que l’on nomme la mire,
Nous permet le bon choix
Pour éviter le pire.

Sculptor : Les outils du sculpteur

Travaille la matière,
Taille de ton ciseau,
Les figures de pierre
En marbres des plus beaux.

Scutum : L’écu

Un grand roi de Pologne
Au ciel est retiré,
Il tenait avec poigne
Le plus grand des boucliers.

Sextans : Le sextant

Navigateur lointain,
C’est grâce au firmament
Que ton cœur plein d’entrain
Guide ton bâtiment.

Sagitta : La flèche

La flèche d’Apollon,
Le téméraire archer,
Est le mortel jalon
Des cyclopes fâchés.

Telescopium : Le télescope

Qu’ils soient savant ou hère,
Philosophe ou berger,
Saltimbanque ou trouvère,
Sa vue les fait rêver.

Triangulum Australe : Le triangle austral

Il est des monuments
En des contrées lointaines,
Qui mènent au firmament
Pharaons, prêtres et reines.

Triangulum : Le triangle

Grâce aux maîtres anciens,
Surtout Eratosthène,
Du triangle égyptien
Nous devenons mécènes.

Vela : Les voiles

Une toile se pare
Des colères du vent,
A l’horizon un phare
Dirige le safran.

Virgo : La vierge

Il y a bien longtemps
Existait l’âge d’or,
Pour le malheur des gens
Ce paradis est mort.